Votre PC tourne sous Windows 10 et vous vous demandez ce que vous risquez concrètement après la fin du support ? La réponse tient en un mot : les failles. Windows 11 v Windows 10, en matière de sécurité, ce n’est pas une simple question de logo ou de barre des tâches centrée. C’est un écart technique qui se creuse chaque mois depuis octobre 2025, et qui devient franchement préoccupant en 2026.
Vulnérabilités actives : l’écart chiffré entre Windows 10 et Windows 11
Avant de parler de fonctionnalités, regardons les failles de sécurité connues sur chaque système. Un rapport publié par l’éditeur Lansweeper en juillet 2026 donne un ordre de grandeur parlant.
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Un poste sous Windows 10 cumule en moyenne 1903 CVE actifs (des failles répertoriées et potentiellement exploitables). Un poste Windows 11, dans la même période, en compte 652. Autrement dit, Windows 10 présente environ trois fois plus de vulnérabilités actives que Windows 11.
Ce ratio ne s’explique pas uniquement par l’absence de correctifs gratuits sur Windows 10. Il reflète aussi des choix d’architecture. Windows 11 exige au minimum une puce TPM 2.0 et un processeur récent. Ces exigences matérielles, souvent critiquées, permettent d’activer par défaut des protections que Windows 10 ne peut tout simplement pas exploiter sur du matériel ancien.
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Sécurité matérielle de Windows 11 : TPM 2.0, VBS et Secure Boot
Vous avez peut-être entendu parler du TPM 2.0 comme d’un caprice de Microsoft. En pratique, cette puce stocke des clés de chiffrement et vérifie l’intégrité du système au démarrage. Sans elle, des attaques dites « bootkit » (des logiciels malveillants qui se lancent avant le système d’exploitation) sont bien plus difficiles à bloquer.
Windows 11 s’appuie aussi sur la Virtualization-Based Security (VBS). Le principe : isoler certains processus sensibles du noyau dans un environnement virtuel séparé. Même si un attaquant obtient des privilèges élevés, il ne peut pas accéder à cette zone protégée. Windows 10 proposait la VBS en option, mais elle restait rarement activée et peu compatible avec les machines plus anciennes.
Le Secure Boot, combiné au TPM, forme une chaîne de confiance dès l’allumage du PC. Windows 11 l’impose. Windows 10 le recommandait, sans le rendre obligatoire. La différence est concrète : sur Windows 11, un malware ne peut pas se glisser dans la séquence de démarrage aussi facilement.
Ce que cela change au quotidien
Pour un utilisateur lambda, ces protections sont invisibles. Pas de pop-up, pas de configuration. Le gain se mesure en attaques évitées silencieusement. C’est précisément ce qui rend la comparaison difficile à percevoir : la sécurité fonctionne d’autant mieux qu’on ne la remarque pas.
Programme ESU Windows 10 : un filet de sécurité, pas une solution durable
Microsoft propose un programme de mises à jour de sécurité étendues (ESU) pour Windows 10, payant, qui couvre les correctifs critiques jusqu’en 2028. Sur le papier, c’est rassurant. En pratique, plusieurs limites méritent attention.
- L’ESU ne corrige que les failles classées « critique » ou « importante ». Les vulnérabilités de moindre sévérité ne sont pas patchées, ce qui laisse des portes ouvertes aux attaques combinées.
- Le coût double chaque année. La première année coûte 30 dollars par appareil. La deuxième, 60 dollars. Pour un particulier avec un seul PC, c’est gérable. Pour une petite entreprise avec dix postes, la facture grimpe vite.
- L’ESU ne comble pas l’écart architectural avec Windows 11. Un poste Windows 10 patché via ESU reste dépourvu de VBS activée par défaut, de protection matérielle TPM imposée et de durcissement du noyau propre à Windows 11.
Le programme ESU est un sursis, pas une équivalence. Il protège contre les failles connues les plus graves, mais ne transforme pas Windows 10 en système aussi résistant que Windows 11 face aux attaques modernes.
Mises à jour de sécurité Windows 11 en 2026 : le Patch Tuesday de juillet
Pour mesurer l’écart de traitement entre les deux systèmes, le Patch Tuesday de juillet 2026 est un bon exemple. Microsoft a corrigé environ 570 failles sur l’ensemble de ses produits ce mois-là. Windows 11 a reçu la mise à jour KB5101650, qui intègre des correctifs de sécurité, des améliorations de stabilité et une nouvelle fonctionnalité appelée Point-in-Time Restore.
Cette fonctionnalité permet de restaurer des fichiers à un état antérieur précis, directement depuis le système. C’est utile après une attaque par rançongiciel, par exemple. Windows 10, même sous ESU, n’a reçu qu’une fraction de ces correctifs et aucune nouvelle fonctionnalité de ce type.
Un système qui s’améliore versus un système figé
Windows 11 continue d’évoluer : chaque mise à jour mensuelle apporte des protections supplémentaires et des outils de récupération. Windows 10, lui, est en maintenance minimale. L’écart de sécurité se creuse à chaque Patch Tuesday, pas seulement parce que Windows 10 vieillit, mais parce que Windows 11 progresse activement.

Faut-il migrer vers Windows 11 pour la sécurité en 2026 ?
Si votre matériel est compatible (TPM 2.0, processeur pris en charge), la migration est le choix le plus cohérent pour la sécurité. La mise à niveau reste gratuite depuis Windows 10, et elle préserve vos fichiers et applications dans la plupart des cas.
Si votre PC ne remplit pas les conditions matérielles, la situation est plus délicate. Installer Windows 11 en contournant les vérifications est techniquement possible, mais Microsoft ne garantit ni les mises à jour ni la stabilité sur ces configurations. Rester sur Windows 10 avec l’ESU est alors le compromis le moins risqué pour un matériel ancien.
- Vérifiez la compatibilité de votre PC avec l’application « Contrôle d’intégrité du PC » de Microsoft.
- Si la migration est possible, sauvegardez vos fichiers et lancez la mise à niveau depuis Windows Update.
- Si votre PC est incompatible, activez l’ESU et planifiez le remplacement de la machine à moyen terme.
Un appareil sur six dans le monde tourne encore sous Windows 10 selon les données relayées par plusieurs sources en juillet 2026. Ces machines représentent une cible de choix pour les attaquants, précisément parce que les failles y sont plus nombreuses et moins corrigées. Attendre n’améliore pas la situation, quel que soit le confort que procure l’habitude d’un système maîtrisé.

