On reçoit un lien par mail ou sur Le Bon Coin, on veut cliquer, et à la place de l’adresse du site, on tombe sur la mention « URL masquée pour votre sécurité ». Le réflexe, c’est de penser que le lien est dangereux. Dans la majorité des cas, ce message est déclenché par un mécanisme de filtrage automatique, pas par une menace réelle. Comprendre d’où il vient permet de le faire disparaître sans prendre de risque.
Ce qui déclenche le masquage d’URL selon la plateforme utilisée
Le message ne vient pas toujours du même endroit. Sur Gmail ou Outlook, ce sont les filtres anti-phishing intégrés qui remplacent un lien jugé suspect par cette mention. Le lien n’est pas supprimé, il est rendu non cliquable.
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Sur Le Bon Coin, le fonctionnement est différent. La plateforme masque volontairement toute URL externe postée dans les messages entre utilisateurs. L’objectif est de forcer les échanges à rester dans la messagerie interne pour limiter les arnaques. Même un lien parfaitement légitime sera masqué.
Sur mobile, une couche supplémentaire s’ajoute. Certaines applications intermédiaires (applis bancaires, messageries sécurisées, applis d’opérateurs) injectent elles-mêmes ce type de message avant même que le navigateur n’intervienne. Le blocage vient alors de l’application qui ouvre le lien, pas du navigateur.
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Messagerie email : désactiver le filtrage qui masque les liens
Quand le message apparaît dans un email, on a tendance à chercher un réglage dans le navigateur. C’est rarement là que ça se joue.
Côté destinataire
Dans Gmail, la protection s’appuie sur Google Safe Browsing. On peut vérifier si un lien est réellement dangereux en copiant l’adresse (clic droit, « Copier l’adresse du lien ») puis en la collant dans l’outil de diagnostic de Google Safe Browsing. Si le lien ressort propre, le masquage est un faux positif.
Pour les applications mobiles qui ajoutent leur propre couche de filtrage, la solution passe par les paramètres de l’application concernée. On cherche une option du type « analyse de liens suspects » ou « ouverture sécurisée » et on la désactive. Les retours varient sur ce point selon les versions d’applications et les constructeurs.
Côté expéditeur
Si on envoie des emails qui déclenchent ce message chez les destinataires, le problème vient souvent des paramètres de tracking dans les liens. Les raccourcisseurs d’URL (type Bitly), les balises UTM d’affiliation et les redirections multiples sont des signaux que les filtres anti-phishing détectent. Voici ce qu’on peut nettoyer :
- Supprimer les redirections intermédiaires et utiliser des liens directs vers la page de destination
- Retirer les paramètres de tracking superflus (UTM, identifiants d’affiliation) ou les limiter au strict nécessaire
- Éviter les raccourcisseurs d’URL dans les campagnes d’emailing, car ils masquent la destination réelle et déclenchent les filtres
Depuis 2024, Gmail et les principaux routeurs d’emailing ont durci leurs règles sur ce point. Un lien propre, sans redirection ni tracker, a beaucoup moins de chances d’être masqué.
URL masquée sur Le Bon Coin : contourner le blocage
Sur Le Bon Coin, on ne peut pas désactiver le masquage. La plateforme l’applique systématiquement à tout lien externe posté dans sa messagerie. C’est une règle de fonctionnement, pas un diagnostic de menace.
La méthode la plus simple pour transmettre une adresse web à un interlocuteur sur Le Bon Coin consiste à écrire l’URL en toutes lettres sans la rendre cliquable. Par exemple, écrire « site point com slash annonce » au lieu de coller le lien. Le destinataire pourra le recomposer manuellement dans son navigateur.
L’autre option, plus directe : proposer de poursuivre l’échange par un autre canal (email, téléphone) si la transaction le justifie. Le Bon Coin le déconseille officiellement, mais dans certains cas (envoi de documents, lien vers un plan d’accès), c’est la seule solution pratique.

Vérifier un lien masqué avant de l’ouvrir
Avant de chercher à faire disparaître le message, on vérifie que le lien n’est pas réellement dangereux. Un masquage légitime protège contre le phishing, et le contourner sans précaution expose à des risques concrets : vol d’identifiants, installation de logiciels malveillants, redirection vers des pages d’arnaque.
Voici une procédure rapide pour évaluer un lien masqué :
- Copier l’adresse du lien sans cliquer dessus (clic droit dans la plupart des navigateurs et messageries)
- Coller l’adresse dans un vérificateur comme Google Safe Browsing ou VirusTotal pour obtenir un diagnostic
- Examiner le nom de domaine : un site légitime utilise son propre domaine, pas une suite de chiffres ou un sous-domaine suspect
- Vérifier que l’adresse commence par « https » et que le domaine correspond bien à l’expéditeur annoncé
Un lien masqué n’est pas forcément dangereux, mais un lien non vérifié l’est potentiellement. La vérification prend quelques secondes et évite la majorité des tentatives de phishing.
Solutions d’entreprise : quand le filtrage vient du réseau
En contexte professionnel, le message « URL masquée pour votre sécurité » peut venir d’une passerelle de sécurité web (proxy filtrant, solution SASE ou SWG) installée par le service informatique. Dans ce cas, ni le navigateur ni l’application ne sont en cause.
On ne peut pas contourner ce filtrage soi-même. La demande passe par l’administrateur réseau, qui peut ajouter le domaine concerné en liste blanche si le lien est jugé légitime. Tenter de passer par un VPN personnel ou un navigateur alternatif pour éviter le proxy est généralement détecté et peut enfreindre la politique de sécurité interne.
Le message disparaît quand la source du filtrage est correctement identifiée : plateforme web, messagerie, application mobile ou infrastructure réseau. Chercher un réglage unique qui résoudrait tous les cas est une impasse, car chaque couche de protection fonctionne indépendamment. On commence par localiser d’où vient le blocage, puis on applique la correction adaptée à ce niveau précis.

